Les belles lectrices

09 décembre 2006

Y a de la dispute dans l'Flaubert

Dans "Une femme est une femme" (1961) de Jean-Luc Godard, Angela (Anna Karina), stip-teaseuse à ses heures, essaye de convaincre son compagnon Emile Récamier (Jean-Claude Brialy) de lui faire un enfant. Face au peu d'empressement dudit Henri, elle se laisse courtiser par Alfred Lubitsch (Jean-Claude Belmondo). En bonne héroïne godardienne, Angela lit beaucoup, et un peu de tout.

Chez le marchand de journaux, sa main hésite entre une brochure "Le cinéma chez soi" et un livre "J'attends un enfant".

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Angela choisit "J'attends un enfant".

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Mais bien vite elle ouvre une revue "Beauté", et se cache à moitié derrière elle pour observer Emile.

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Alors qu'Emile s'approche, elle regarde des cartes postales.

Elle montre l'une d'elles à Emile. Il s'agit d'une peinture (de Klee comme dans "Le petit soldat" ?) mêlant les formes d'un oiseau et d'un oeuf, ce qui lui permet de faire allusion à son désir de maternité.

Elle sort sans rien acheter, mais, quelques instants plus tard, nous la retrouvons dans la rue en train de lire "France-Soir" (on vient d'entendre la voix d'un crieur de journaux), alors qu'Alfred s'approche.

Angela va prendre son service dans la boîte de strip-tease. En signant le registre. rlle fait une petite citation de d'"Alice au pays des merveilles" ("Joyeux non-anniversaire"). Elle passe "France-Soir" à une collègue en lui demandant de lire son horoscope : "Vierge: bientôt un heureux événement", ce qui la réjouit.

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Dans sa loge, elle lit un papier imprimé (un tract ?, le scénario de son petit rôle ?).

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Elle revient vers sa collègue en train de lire un livre au titre non identifiable, mais dont une phrase sybilline est lue : «Les créations de l'art, ce sont les quarante jours de vie glorieuse de la nature».

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Rentrée chez elle, Angela lit me mode d'emploi d'un petit appareil permettant de détecter avec précision les moments de fécondité.

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Puis elle lit "L'Humanité".

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Elle feuillette une revue pendant une dispute avec Emile.

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A nouveau seule, elle lit une scène de "On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred (de Musset, pas Lubitsch). Elle cherche à mémoriser le rôle.

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Durant une nuit d'orage, Angela et Henri se livrent (c'est le mot) à jeu de dispute visiblement rituel (il réapparaîtra par la suite) : ils utilisent des titres de livres pour se communiquer de petites insultes d'amoureux :

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A chaque coup, le lampadaire est transporté vers les étagères de la petite bibliothèque.

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Finalement, Angela retrouve Alfred dans une chambre d'hôtel. En feuilletant un livre (au titre, encore une fois, non identifié), elle évoque son désir de partir au Mexique. Alfred lui caresse les cheveux.

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08 décembre 2006

La résistante blonde qui récite MaÏakovski

Toujours dans "Les Carabiniers" de Godard, une jeune résistante blonde récite une fable de Maïakovski, avant d'être fusillée.

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D' autres cartes postales arrivent ...

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Pendant qu'une chanteuse à la voix rocailleuse (Piaf ? Frehel ?) chante "La der des ders", Vénus lit un magazine dont le titre commence par "Votre". "Votre beauté", je suppose, ma jolie.

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07 décembre 2006

Bovarysmes

"Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres". (G. FLAUBERT, Madame Bovary, 1856).

Le bovarysme d'aujourd'hui se propage plus à travers l'internet que dans les livres, même si Le Magazine littéraire remet le roman de Flaubert à l'honneur. Emmas de tous les blogs, ravissez-nous.

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Vénus lit, même dans sa barraque.

Toujours Godard ! Dans "Les carabiniers" (1963), deux belles vivant dans une baraque lisent, malgré tout. Oh, pas grand chose. Vénus (Geniève Galéa) lit des magazines féminins, qui lui permettent de ce prendre pour une dame du monde. Une Bovary de terrain vague, en somme. Elle lit devant sa baignoire, au dessus de làquelle pendouille un miroir. Après Charlotte et Véronica, c'est la troisième fois qu'une lectrice apparaît devant un miroir.

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Vénus et Cléopatre (Catherine Ribeiro) lisent également les cartes postales (pleines de cyniques et naïves considérations sur la guerre) que leur envoyent Ulysse et Michel-Ange, partis en guerre à la demande d'un Roi imaginaire (un royal Président de la République royale ?). A diverses reprises, nous voyons Vénus devant une petite boîte aux lettres, récupérant hâtivement lesdites cartes.

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Pendant que Vénus lit une carte postale, Cléopâtre se regarde dans un miroir. Puis elles permuttent. Pourquoi cette association récurente chez JLG de la lecture et du miroir ?

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Soudain, Vénus retourne un magazine déployé, avec une double page de publicité pour les soutien-gorges Rosy, dont la taille est parfaite pour couvrir son buste et donner l'impression qu'elle offre ses seins comme une prostituée dans un poème d'Aragon. Erotisme de la critique de la société de consommation alla Godard !

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01 décembre 2006

La lectrice 24 images par seconde.

La troisième belle lectrice, dans "Le petit soldat", est bien évidemment Veronica Dreyer (Anna Karina). Forrestier est venu dans son appartement pour la photographier. Il lance le fameux "Le cinéma c'est la vérité vingt-quatre images par seconde" et disserte sur la difficulté de diriger les acteurs. Véronica n'arrache pas une page au journal de Satan, mais lui montre une reproduction, dans un livre d'art, de "L'acteur" de Paul Klee. "Vous aimez Klee ?". Serait-ce la clef du film ?

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La mère de famille et son petit Classique Larousse

Quelques instants plus tard, Forrestier se lève pour se diriger vers l'arrière du train. Sur une banquette, une mère de famille, accompagnée de son petit garçon, lit un petit Classique Larousse. Je me souviens qu'ils avaient à l'époque une couverture mauve, mais je n'arrive pas à en lire le titre. Qui m'aidera à le déchiffrer ? Dans un film de Godard, aucun indice, surtout une femme en train de lire, n'est innocent.

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Une belle italienne d'époque entre Genève et Lausanne

Dans "Le petit soldat" de Jean-Luc Godard (1960), nous rencontrons pas moins de trois belles lectrices. La première d'entre elles se trouve dans le compartiment du train Genève-Lausanne de 14 h.18 que le militant d'extrème-droite Bruno Forrestier (Michel Subor). Lui-même est lit "A l'écoute de l'espace". Elle, bien mise, la quarantaine épanouie, apparemment une bourgeoise milanaise qui pourrait sortir d'un film d'Antonioni, lit le numéro de Pâques du magazine italien "Epoca". Elle observe Forrestier par dessus son magazine, paraît séduite. "Epoca" est-il un signe distinctif pour que deux clandestins se reconnaissent ? Non. A la gare suivante, elle descend en hâte.

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29 novembre 2006

Le livre de son Jules

Dans "Charlotte et son Jules" (1957) de Jean-Luc Godard, Charlotte (Anne Collette) feuillette rapidement un des livres traînant sur la cheminée de l'appartement de son Jules (Jean-Paul Belmondo). Le titre en est indéchiffrable, à la différence de celle d'une marque d'huile de voiture. Godard (dé)place déjà l'objet.

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Entre le chagrin et le néant...

Dans "A bout de souffle" (1960) de Jean-Luc Godard, Patricia Franchini (Jean Seberg) n'a pas le temps de lire.
Pourtant, elle envisage d'écrire un roman. Un journaliste américain, Van Doude (Van Doude), lui offre "Les palmiers sauvages" de William Faulkner.

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Visiblement, elle voudrait lire, mais son amant Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo), a visiblement un autre projet en tête.

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Entre tentation et agacement, elle cite la dernière phrase du roman : "Entre le chagrin et le néant, je choisis le chagrin".

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28 novembre 2006

Sun-Hwa déchire une page

Dans "Bad Guy" de Kim Ki-Duk, Sun Hwa (Won Seo) déchire, dans une librairie, une page d'un livre d'art consacré à Egon Schiele. Son geste nous révèle qu'elle est elle-même une "Bad Girl" en puissance, ce qu'elle va bientôt confirmer en volant un portefeuille. Un film d'amour dérangeant, où le syndrôme de Seoul apparaît encore plus puissant que le syndrôme de Stockholm.

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